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Solution branchée

Solution branchée vise à démontrer que la collaboration multidisciplinaire entre les partenaires des milieux scolaires et de la réadaptation permet d’optimiser le potentiel des jeunes ayant des déficiences associées. Ainsi, les spécialistes en réadaptation en déficience visuelle (SRDV) travaillent de concert avec les partenaires afin de développer les stratégies compensatoires et les adaptations permettant aux jeunes d’avoir un meilleur accès au matériel considérant leur déficience visuelle. Voici deux situations qui témoignent d’une collaboration réussie.

Version sous-titrées

Version vidéodescription

Note : Les informations placées entre crochets décrivent le contenu visuel et audio de la vidéo alors que le reste du texte correspond à la narration.

[Musique. Deux enfants rentrent dans une salle de classe. Une élève se déplace à l’aide d’une marchette tandis qu’un petit garçon se dirige vers le vestiaire pour y déposer ses effets personnels. Deux femmes sont présentes dans la classe pour aider les enfants. Le petit garçon essaie de placer ses vêtements sur un étage supérieur à lui.]

Les enfants ayant une déficience visuelle et un handicap associé doivent fournir des efforts importants pour réaliser les mêmes activités que leurs pairs voyants.

[Gros plan d’une élève qui sourit. Une autre élève est assise et une enseignante l’aide à attacher une orthèse à son poignet. Une enseignante arrive dans la classe en poussant un élève en fauteuil roulant. Elle le conduit à son pupitre.]

L’utilisation de l’informatique semble un défi insurmontable dans bien des cas. Pourtant une intervention concertée des différents intervenants, des parents et du jeune lui-même apporte un gain significatif.

[Les deux enseignantes discutent. Plan d’ensemble des élèves et des enseignantes dans la classe.]

Nous allons voir deux situations où la collaboration interprofessionnelle a permis de maximiser le potentiel du jeune

Premièrement, rencontrons Lou, 8 ans, élève en première année et madame Lyne Lafrance, ergothérapeute au programme de réadaptation en milieu scolaire du Centre de réadaptation Marie-Enfant du CHU Ste-Justine.

[Gros plan sur le visage de Lou qui sourit. Gros plan de Madame Lyne Lafrance. Son nom et son titre apparaissent au bas de l’écran : Lyne Lafrance, ergothérapeute, Centre de réadaptation Marie-Enfant, CHU Ste-Justine.]

Lyne Lafrance : On est à l’école Victor-Doré. Pour rentrer ici il faut que tu aies un handicap physique et tu peux avoir des déficiences associées.

[Gros plan de Lou qui parle. Il est devant son ordinateur adapté.]

Lyne Lafrance : Moi j’ai commencé avec Lou quand il avait quatre ans. Il aimait jouer. Il a fallu avec lui développer les apprentissages. Quand il essaie de prendre, premièrement c’est difficile d’atteindre ce qu’il veut. Une fois qu’il l’a atteint, c’est difficile de pouvoir aller le chercher et de le tenir parce qu’il a des mouvements incoordonnés au niveau de ses mains.

[Voix de Lou en arrière-plan.] [Lou  essaie de toucher un bouton du clavier.  Lyne et une autre intervenante sont avec lui pour l’aider.]

Lyne Lafrance : La grosse difficulté que j’avais c’était au niveau visuel. Lou avait de la difficulté à suivre le curseur à l’écran alors moi je cherchais un curseur qui était plus gros ou qui était plus scintillant qui allait chercher son attention. Il a fallu que j’aille chercher une professionnelle en réadaptation visuelle pour pouvoir aller plus loin au niveau de l’adaptation de l’écran.

[Lou est à l’ordinateur avec Lyne. Gros plan sur le curseur de Lou qui est plus gros qu’un curseur normal et de couleur jaune. De nouveau un gros plan sur Lyne Lafrance.] [Gros plan sur Natja Boulianne. Son nom et son titre apparaissent au Bas de l’écran : Natja Boulianne,  spécialiste en réadaptation en déficience visuelle à l’Institut Nazareth et Louis-Braille. Assise, Natja parle.]

Natja Boulianne : C’est l’équipe-école au départ qui m’a contacté en me demandant d’essayer de trouver des façons de favoriser ou de faciliter l’accès visuel à l’information parce que Lou avait de la difficulté à voir ce qui était présenté à l’écran d’ordinateur.

[Pendant que Lou est à l’ordinateur, Mmes Lyne France, Natja Boulianne et une autre intervenante l’observent et discutent.]

Natja Boulianne  : Quand nous nous sommes parlé avec Lyne. Je lui ai proposé de faire des périodes d’observation pendant une séance normale d’ergothérapie, donc pour voir comment il utilisait son potentiel visuel pour diminuer sa fatigue oculaire et pour favoriser le plus longtemps possible son temps de fixation.

[Gros plan sur Natja et Marie-Josée Savage. Le nom et le titre de cette dernière apparaissent au bas de l’écran : Marie-Josée Savage, enseignante soutien à l’intégration des élèves en déficience visuelle, CSDM. Natja déplace l’écran de Lou pendant que les autres intervenantes observent. Lou essaie de taper sur le clavier.]

Natja Boulianne : Donc Lyne quand elle a commencé à travailler avec lui elle lui a mis un écran, mais ça ne suffisait pas donc on a ajouté un bras articulé.

[Gros plan sur le bras articulé de l’écran d’ordinateur.]

Lyne : Le fait de ne pas avoir un écran fixé sur une table, cela lui permettait d’optimiser si tu veux sa vision.

[Lou est à l’ordinateur et tape des lettres sur le clavier. Les lettres D, A et N affichent à l’écran de Lou.]

Voix inconnue : Il l’accroche par erreur, tu t’en rappelles de la lettre ? Attends je vais t’aider, c’est le <<S>>, dans, c’est toujours comme ça oui. <<S>> le << S>> est complètement à gauche à côté du <<A>>.

[Lou réussi à peser sur le <<S>>.] [Gros plan sur Lyne.]

Lyne : Ça prend la même chose. Ça prend plusieurs types d’intervenants pour pouvoir faire évoluer un jeune, j’y crois. Je crois à la multidisciplinarité. Je crois que nous avons chacun notre expertise à donner puis qu’ensemble on va réussir à le faire aller plus loin.

[Lyne et Marie-Josée sont près de Lou qui sourit.]

Si Lou avait besoin d’une adaptation plus ciblée sur le milieu scolaire, Mathias, lui a eu davantage besoin d’adaptation pour bien fonctionner à son domicile et répondre aux besoins exprimés par sa famille.

[Son de Mathias et sa mère qui jouent et rient.] [Mathias et sa mère sont couchés sur une couverture sur le plancher. On voit par la suite les bottes et les orthèses de Mathias.]

Mathias a 8 ans. Plus jeune, il avait le regard flou et semblait même aveugle. Les parents n’avaient pas ce contact dans les yeux avec leur enfant. Grâce à un programme de stimulation visuelle, il a tranquillement appris à regarder, ses capacités visuelles se sont améliorées, mais il avait tout de même de la difficulté à bien diriger ses gestes. Sa mère était en quête de solution pour accroître l’indépendance de Mathias.

[Sandra, la mère de Mathias attend à l’extérieur de la maison avec son chien. Un autobus scolaire arrive et on y voit Mathias débarquer dans son fauteuil roulant. Sandra conduit son fils à l’intérieur de la maison, le détache de sa chaise et le prend dans ses bras.] [Gros plan sur Sandra.]

Sandra : Moi à la maison j’aimerais vraiment répliquer la même chose que Mathias a à l’école. Parce que Mathias à l’école, il a son ordinateur et une certaine manière de fonctionner.  Il a un écran tactile et il fonctionne vraiment avec ses mains en faisant des POW POW.

[Mathias est assis à l’ordinateur, sa mère lui prend une main et l’aide à toucher  l’écran. Des images défilent à l’écran d’ordinateur de Mathias.]

Sandra : On fait des POW POW dans l’écran, on fait-tu des POW POW, on fait-tu des POW POW . Wow !

[Gros plan sur Sandra.]

Sandra  : Les activités à la maison ou l’école il faut que ce soit les mêmes. Parce que Mathias, on ne peut pas nécessairement faire trop différent parce qu’il ne comprendra pas. Il va arriver à l’école, il va chercher ce qu’il faisait à la maison et vice-versa.

[Sandra et une dame sont avec Mathias à l’ordinateur. Elles regardent et touchent l’écran d’ordinateur. On voit par la suite le nom de la dame ainsi que son titre qui apparaissent au bas de l’écran : Denise Trépanier, spécialiste en réadaptation en déficience visuelle, Institut Nazareth et Louis-Braille.]

Sandra : J’ai Denise de Nazareth et Louis-Braille qui vient à la maison qui vient à l’école aussi. À l’école, on fonctionne avec des écouteurs à la maison aussi.

[Denise met des écouteurs à Mathias.]

Sandra : Écran tactile à la maison aussi. Elle quand elle arrive, ici moi ce que j’ai vu, elle ce qu’elle a vu, on réplique ça donc c’est parfait, c’est la même chose sinon on va s’ajuster.

[Gros plan sur Sandra.] [Mathias est assis devant son écran. Sa mère va le chercher et le conduit dans une autre pièce.]

Sandra : Là, ça va bien. Est-ce qu’il va faire des progrès ? C’est sûr que oui. En combien de temps ?  On ne le sait pas. 

[Gros plan sur Sandra.]

Sandra : Mais pour ce qui est de l’apprentissage de notre enfant sincèrement on sait qu’on n’est pas tout seul on sait qu’il y a un téléphone qu’on peut appeler qu’il y a toujours quelqu’un qui va nous répondre.

[Mathias est  couché par terre et sa mère joue avec lui.]

Les besoins de Lou et Mathias sont différents, mais l’approche demeure la même.  Pour devenir autonomes, ces enfants ont besoin d’une intervention concertée et d’une vision commune des parents et des différents professionnels.

[Une enseignante se déplace avec un groupe d’élèves dans un corridor de l’école de Victor-Doré. Deux enfants se déplacent à l’aide d’un fauteuil roulant, les autres suivent en marchant. ] [Fond noir] Mathias est couché sur un matelas et sa mère lui enlève son manteau.]

Lou et Mathias ne sont pas des cas d’exception il y a des Alexandra, des Malika, des Maxime.

[Fond noir.] [Lou se déplace avec une marchette. Mathias est assis dans son fauteuil roulant, sa mère attache un plateau à son fauteuil. Mathias se déplace avec sa mère. Celle-ci installe l’écran d’ordinateur devant lui. Mathias regarde son écran avec ses écouteurs.]

L’intervention concertée crée un contexte qui leur permet de s’épanouir et d’atteindre leur plein potentiel tant dans la classe que dans leur famille.

[Gros plan sur Lou, Lyne Lafrance et Natja Boulianne qui sourient.] [Musique, fond noir.] Le texte suivant apparaît à l’écran : Nous remercions toutes les personnes qui ont participé à ce projet. Pour recevoir des services en déficience visuelle, veuillez nous contacter  au (450) 463-1710, sans frais : 1 800 361-7063 ou encore visiter notre site Web au www.inlb.qc.ca . Le logo du centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Centre apparaît.]

Nous avons tenté, à travers Solution branchée,d’illustrer le rôle des spécialistes en réadaptation en déficience visuelle et leur collaboration avec les partenaires. Les fiches techniques qui suivent fournissent un coffre d’outils utiles au partage des connaissances et à la multidisciplinarité.

Fiche no 1 : rôle du SRDV
Cette fiche décrit les différentes facettes du travail effectué par le SRDV auprès des jeunes ayant des besoins particuliers.

Rôle du spécialiste en réadaptation en déficience visuelle

Le rôle du spécialiste en réadaptation en déficience visuelle est de concevoir, définir et mettre en application des programmes d’adaptation et de réadaptation en vue d’amener l’enfant ou le jeune à une participation sociale optimale.

Le spécialiste en réadaptation visuelle évalue, analyse les besoins du jeune et favorise le développement de son autonomie soit dans ses activités de la vie quotidienne, soit dans ses activités de lecture et d’écriture soit dans ses activités liées à la communication informatique (adaptation du poste informatique) et dans son processus d’intégration scolaire, professionnelle et sociale.

Évaluation

L’évaluation a comme objectifs de déterminer les impacts de la déficience visuelle du jeune sur la réalisation des activités, d’identifier les besoins du jeune et les attentes du milieu  par exemple comment favoriser l’accès visuel du jeune aux activités présentées en classe.

Afin de compléter l’évaluation, des observations et une cueillette de données sont faites tant dans le milieu scolaire qu’à  domicile.

L’évaluation tient compte des facteurs personnels, des facteurs environnementaux, des habitudes de vie et des aptitudes (Modèle  PPH : Processus de Production du Handicap) dont voici un exemple qui illustre le modèle :

  • facteurs personnels, par exemple : Lou est âgé de sept ans, a une déficience visuelle et une atteinte motrice sévère provoquant une spasticité musculaire généralisée;
  • facteurs environnementaux, par exemple : lorsqu’il fait les activités à l’ordinateur, Mathias est assis dans son fauteuil de positionnement et l’écran, fixé sur un bras articulé, est approché de lui;
  • habitudes de vie : la communication;
  • aptitudes : aptitudes visuelles, motrices, intellectuelles, langagières.

L’évaluation des facteurs environnementaux et plus particulièrement des aptitudes suscitera  une collaboration avec l’ergothérapeute, la psychologue et l’orthophoniste,  etc. qui ont l’expertise pour évaluer ces aptitudes.

Intervention

L’intervention a comme objectifs de collaborer avec les intervenants scolaires et de réadaptation, d’outiller l’usager pour améliorer sa communication écrite, de favoriser la généralisation des acquis et de s’assurer du maintien et du développement des aptitudes visuelles.  Un préalable incontournable à ceci est la sensibilisation.

Sensibilisation

La première action lors de notre implication auprès d’un usager est de pallier la méconnaissance de la déficience visuelle.  Cette prémisse à nos interventions en déficience visuelle passe par la sensibilisation des personnes impliquées auprès de l’usager. Les informations sont données sous trois volets :

  • sur la déficience visuelle;
  • sur le fonctionnement visuel;
  • sur la condition visuelle de l’usager.

Nous vous invitons à consulter la fiche no. 2  Déficience visuelle pour les deux premiers volets.

Condition visuelle de l’usager

Ce volet est abordé à partir des données des rapports d’évaluation des ophtalmologistes ou des optométristes et selon bien évidemment des données recueillies lors de l’évaluation du spécialiste en réadaptation en déficience visuelle.

Il faut savoir que pour la plus grande partie des jeunes ayant une déficience visuelle l’évaluation visuelle est effectuée par des optométristes travaillant dans les centres de réadaptation.  Ces optométristes sont sollicités tout au cours du processus de réadaptation tant pour l’évaluation que pour l’intervention.

Plan d’intervention

L’étape suivante consiste à concevoir les objectifs du plan d’intervention afin de répondre aux besoins de l’usager. Ces besoins peuvent concerner sa scolarisation et ceux de la famille; certains objectifs du plan répondent de façon complémentaire à ceux du plan d’intervention scolaire.

La réussite de l’atteinte des objectifs est sans contredit liée à la participation parents, et bien entendu des partenaires du milieu scolaire et de réadaptation dont la collaboration tant dans le processus d’évaluation que de l’intervention est garante du développement de l’autonomie du jeune dans la réalisation des activités liées à la communication.

Fiche no 2 : informations sur la déficience visuelle
Cette fiche fournit de l’information sur la déficience visuelle : définition, aptitudes visuelles, fonctionnement visuel et principales pathologies et diagnostics visuels.

La déficience visuelle est identifiée chez les personnes qui présentent une pathologie visuelle associée à des incapacités visuelles ayant un impact sur la réalisation des habitudes de vie telles que la communication, l’éducation, etc. Le degré de la déficience visuelle peut être de léger à grave, grave étant la cécité.

Trois volets vont vous permettre de mieux comprendre la déficience visuelle : les aptitudes visuelles, le fonctionnement visuel, les pathologies visuelles et les diagnostics associés.

Aptitudes visuelles (tirées de la CIDIH[1])

L’aptitude globale de la vision est de pouvoir  distinguer la lumière, les couleurs et les formes. Les aptitudes suivantes décrivent plus spécifiquement l’aptitude de la vision.

  • Vision des détails : l’aptitude à distinguer le plus petit détail possible d’un élément physique.
  • Vision des couleurs : l’aptitude à distinguer les couleurs.
  • Sensibilité au contraste : l’aptitude à voir les objets de l’environnement avec des contrastes de faibles à élevés.
  • Vision binoculaire : l’aptitude à utiliser ses deux yeux alternativement ou simultanément de manière à ce que chaque image contribue à la perception finale.
  • Accommodation : l’aptitude à ajuster la puissance oculaire afin de percevoir l’environnement dont les objets et leurs détails à des distances variées.
  • Perception de la profondeur : l’aptitude à percevoir la distance absolue qui sépare l’individu de tel objet ou la distance relative entre les objets.
  • Perception de la grandeur : l’aptitude à évaluer les différentes grandeurs.
  • Perception de la forme : l’aptitude à reconnaître les formes.
  • Perception figure fond : l’aptitude à discriminer l’avant-plan de l’arrière-plan.

Fonctionnement visuel

Le fonctionnement visuel est évalué selon des mesures d’acuité visuelle, de champ visuel, de sensibilité aux contrastes et de façon complémentaire la sensibilité à la lumière est observée.

  • Acuité visuelle : l’acuité visuelle se définit par une faculté de la vue à distinguer les détails très fins. La mesure d’acuité visuelle se fait au loin et au près. L’acuité visuelle au loin est mesurée habituellement avec un test de reconnaissance des lettres ou de symboles pour les plus jeunes. La mesure d’acuité visuelle au près est notée selon la taille et la distance de lecture des caractères.
  • Champ visuel : se définit comme étant l’ensemble de l’espace perçu par un œil immobile. Il se mesure en degrés comme un angle.
  • Sensibilité au contraste : se définit comme  la capacité à voir les choses dans un contraste faible.
  • Sensibilité à la lumière : l’intolérance à la lumière caractérise la photophobie. Elle peut être simplement gênante ou douloureuse. Elle est associée à plusieurs pathologies visuelles, dont l’albinisme.

Pathologies visuelles

Les pathologies visuelles les plus fréquentes au niveau de la clientèle scolaire sont les suivantes : albinisme, amaurose de Leber, aniridie, atrophie optique, cataractes congénitales, décollement de la rétine, déficience visuelle d’origine corticale, colobomes, glaucome, myopie maligne (dégénérative), nystagmus, rétinopathie de la prématurité, rétinopathie pigmentaire,etc.

Pour plus d’informations sur les pathologies visuelles, consultez la fiche pathologies visuelles au bas de la page

Diagnostics visuels associés

Les diagnostics suivants peuvent être associés à la pathologie visuelle : astigmatisme, hypermétropie et myopie et photophobie.  [2]

[1] Classification internationale des handicaps et des incapacités

[2] Le port d’une correction optique peut être recommandé en lien avec ces diagnostics communs à la population avec ou sans déficience visuelle.

Fiche no 3 : attribution des aides techniques
Cette fiche traite des objectifs d’attribution, des critères d’admissibilités, ainsi que de la liste des aides visuelles pouvant être attribuées.

Dans le cadre de son intervention, le spécialiste en réadaptation en déficience visuelle peut faire l’attribution d’aides techniques qui permettront de pallier certaines incapacités causées par la déficience visuelle. Ces aides sont attribuées dans le cadre du programme des aides visuelles de la Régie de l’assurance maladie du Québec. Pour ce faire, il doit s’assurer que la condition de l’usager réponde aux critères d’admissibilité à ce programme. C’est le SRDV qui peut, suite à son évaluation, faire les demandes d’attribution d’aides qui répondront aux besoins de l’usager. La collaboration des professionnels impliqués auprès de l’usager à l’école est souvent sollicitée lors de ces attributions.

Les objectifs de l’attribution des aides techniques sont d’améliorer la distance de travail, la posture de travail (maintenir une posture naturelle), tout en considérant les besoins liés au handicap en commençant par l’aide la plus simple vers la plus complexe. Par exemple, l’utilisation d’un support à écran permettra au jeune d’approcher l’écran afin d’accéder plus aisément aux informations affichées.

Voici quelques exemples d’aides pouvant être attribuées :

Un logiciel de grossissement de caractères, un support à lecture et écriture, une lampe d’appoint, etc.

Fiche no 4 :  gestion des aides visuelles
Cette fiche fournit les informations relatives aux dispositions à prendre pour la gestion des aides visuelles.

Les aides attribuées aux jeunes qui présentent une déficience visuelle sont attribuées par le biais de la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ). Ces aides, bien qu’elles appartiennent à la RAMQ, sont sous la responsabilité de l’usager. Celui-ci se doit de les entretenir et d’assurer un bon traitement. Conscients de la réalité des utilisateurs, une assurance a été créée. Il est de la responsabilité de l’usager de s’inscrire à ce programme.

Regroupement des programmes d’assurance de dommages du réseau de la santé et des services sociaux.

Programme d’assurance des aides visuelles

À qui s’adresse le programme

  • Aux personnes qui ont une déficience visuelle en vertu de la Loi sur l’assurance maladie du Québec.
  • À ces derniers, qui utilise une ou des aides pour compenser leur déficience.

Quels sont les risques assurés

  • Incendie
  • Vol
  • Vandalisme
  • Bris accidentels
  • Transport

Sont exclus les dommages occasionnés par :

  • l’usure normale et les vices cachés;
  • les travaux de réparation ou d’entretien;
  • les dérèglements et les pannes;
  • les erreurs ou les omissions dans la programmation;
  • le remplacement ou les réparations.
Fiche no 5 : aménagement des postes d’études
Cette fiche traite des objectifs d’attribution, des critères d’admissibilités, ainsi que de la liste du mobilier et matériel pouvant être attribué, ainsi que de l’ergonomie du poste.

La démarche de l’aménagement des postes d’études informatiques et conventionnels est individualisée et centrée sur la réalisation des activités scolaires de l’usager. Afin d’optimiser cette démarche, les intervenants du milieu scolaire, ainsi que l’usager doivent être consultés et considérés.

Objectifs de l’aménagement des postes

  • Améliorer la posture de travail/maintenir une posture naturelle.
  • Améliorer l’organisation de l’ensemble des aides techniques.

Afin de favoriser une posture adéquate lorsque le jeune est à son poste d’études, il faut tenir compte :

  • des caractéristiques visuelles et fonctionnelles de l’usager;
  • du mobilier disponible/accessible;
  • du matériel et des aides techniques utilisés;
  • des caractéristiques anthropométriques et physiques de l’usager.

Afin de favoriser l’organisation des aides techniques, il faut tenir compte :

  • des caractéristiques visuelles (ex. : positionner l’écran en fonction de l’œil dominant ou de la position de regard);
  • de la position des fenêtres par rapport au tableau ou à l’enseignant;
  • de l’ensemble du matériel utilisé;
  • du contexte de classe;
  • de l’organisation du travail.
Fiche no 6 : éclairage
Cette fiche fournit des informations sur la pertinence de fournir un éclairage adapté à la condition visuelle de l’usager : suggestions de lampe et d’ampoules.

L’éclairage est l’un des aspects les plus importants à considérer lors de l’adaptation des postes. Un éclairage adéquat, qui convient aux besoins visuels de l’usager, peut permettre d’éviter l’utilisation d’aides techniques plus complexes.

Objectifs

  • Maximiser les contrastes
  • Diminuer les sources d’éblouissement
  • Augmenter la distance de travail
  • Améliorer la posture de travail
  • Diminuer la fatigue oculaire
  • Augmenter le temps de travail fonctionnel

Type d’éclairage pouvant être utilisé/recommandé

Modèle de lampe

  • Bergère
  • À bras articulé ou fixe
  • À simple, double ou triple intensités

Type d’ampoule

  • Fluorescente
  • Halogène
  • Incandescente
  • Lumière du jour, jaune, bleu, etc.
Fiche no 7 :  les outils d’intervention
Cette fiche énumère les outils/documents qui peuvent être utiles pour les interventions auprès des usagers.

Au cours du processus d’intervention, le spécialiste en réadaptation en déficience visuelle peut proposer des outils d’intervention particulièrement adaptés à la déficience visuelle. Ces outils sous format de guides pratiques ou de courts documents traitent de plusieurs aspects comme l’utilisation de certains logiciels adaptés aux besoins des personnes ayant une déficience visuelle, de recommandations sur l’accès visuel aux images. Ils contiennent une foule d’informations et de stratégies adaptées à la déficience visuelle.

Voici une liste non exhaustive de guides et d’outils d’intervention disponibles dont la pertinence est à valider avec le spécialiste en réadaptation en déficience visuelle :

Fiche no 8 : discrimination visuelle
Cette fiche aborde l’importance de favoriser l’accès visuel aux détails.

La discrimination visuelle  permet de percevoir les objets, les formes et de les reconnaître.

Voici les éléments à considérer [1] afin de favoriser la reconnaissance des éléments présentés à l’écran.

  • Le format
  • Les couleurs
  • La définition du contour
  • La qualité figure fond
  • Les détails significatifs
  • La quantité d’informations à analyser en même temps
  • L’intérêt de l’enfant en lien avec les informations présentées
  • Le réalisme
  • Le nombre d’objets représentés

[1] Informations tirées du document Discrimination visuelle de l’image par Denise Trépanier, spécialiste en  réadaptation visuelle, Institut Nazareth et Louis-Braille.

Fiche no 9 : Contraste
Cette fiche illustre l’influence des conditions de contraste pour améliorer la facture visuelle.

Le contraste entre une figure ou une image et son arrière-plan ou entre du texte et son arrière-plan est un élément important à considérer lors des activités présentées. De bonnes conditions de contraste faciliteront la discrimination visuelle des figures, des images et du texte. Celles-ci auront un impact positif sur les aptitudes visuelles de la vision des détails, de la perception de la profondeur, de la forme et de la figure-fond.

Un taux contraste de 70 % entre les couleurs est recommandé pour le jeune ayant une déficience visuelle. Voici différents exemples :

Deux images avec un bon et un mauvais contraste

Exemple d'une illustration ayant un faible contraste par rapport à son arrière-plan

Faible contraste

Exemple d'une illustration ayant un bon contraste par rapport à son arrière-plan

Bon contraste

Contrastes de couleurs

Très bon contraste Bon contraste Faible contraste Très faible contraste
Jaune / Noir Bleu / Blanc Noir / Bleu Blanc / Vert
17,14 pour 1 10,49 pour 1 3,40 pour 1 1,92 pour 1

Le contraste maximum possible est de 21,0 pour 1

Aniridie

L’aniridie est une absence presque complète de l’iris. L’iris a pour fonction de réduire l’entrée de la lumière environnante. Donc si l’iris est partiel ou presque inexistant le sujet se trouve très ébloui. Cette manifestation est héréditaire de façon dominante, c’est-à-dire que plusieurs enfants de la famille risquent de présenter cette anomalie.

Le nystagmus (mouvement involontaire des yeux), les cataractes (opacité du cristallin) ainsi que le glaucome de par une mauvaise évacuation de l’humeur aqueuse à cause d’une partie de l’iris toujours présente peuvent être associés à l’aniridie.

La personne atteinte d’aniridie aura besoin d’un filtre pour l’intérieur et d’un filtre plus dense pour l’extérieur. L’acuité visuelle de cette personne est réduite de façon irréversible et peut se détériorer dans le temps.

Toutefois, il est impossible de prévoir à quel rythme évoluera cette atteinte. Cette personne aura besoin d’aides spéciales au loin, au près et dans ses déplacements. Dans certains cas, des lentilles de contact spéciales pourront être prescrites.

Atrophie optique

C’est une atteinte du nerf optique qui peut causer des déficiences au niveau de l’acuité visuelle et /ou des champs visuels. Cette condition se produit lorsque certaines fibres rétiniennes sont détruites sur leur parcours (niveau rétinien ou sur les voies optiques plus postérieures).

L’atrophie optique peut être une condition héréditaire, et le cas échéant être congénitale (i.e. présente à la naissance) ou apparaître plus tardivement.

L’atrophie optique peut être secondaire à un problème vasculaire,  à une condition dégénérative, à un papilloedème, à une névrite optique, ou suite à une pression exercée sur le nerf optique. L’atrophie optique peut être d’origine toxique, traumatique, secondaire à des maladies du métabolisme telles que le diabète ou une conséquence du glaucome.

Il est rarement possible de freiner la progression de l’atrophie optique sauf dans les cas de glaucome diagnostiqués  précocement. Ainsi la diminution d’acuité visuelle set habituellement permanente. Le pronostic est relatif à l’étiologie de l’atrophie optique.

Décollement de rétine

Lors d’un décollement de rétine, il y a séparation entre la membrane nerveuse et l’épithélium pigmentaire qui sont faiblement retenus d’un à l’autre.

C’est l’accumulation soit de fluide ou de tout autre matériel dans cet espace potentiel qui cause le décollement rétinien. Cette condition peut être par exemple secondaire à une inflammation, à une circulation déficiente au niveau de la rétine, ou encore à une maladie systémique. Il n’est donc pas possible de déterminer si l’atteinte est héréditaire puisque ceci dépend de l’origine du problème.

Les signes et symptômes pouvant être précurseurs à un décollement rétinien sont la perception par le patient de corps flottants ou de points qui constamment apparaissent devant ses yeux, de flash récidivant dans un secteur de son champ visuel.

Le sujet pourra se plaindre d’une chute de vision ou d’un brouillard dans une partie de son champ visuel.

Les changements se produisent la plupart du temps lentement et progressivement. Alors une évaluation ophtalmoscope attentive du fond d’œil s’impose.

Le traitement consistera à recoller la rétine sensorielle à l’épithélium pigmentaire. Néanmoins si le décollement rétinien a impliqué la région centrale de l’œil, il est fort probable qu’il y ait malgré l’intervention chirurgicale une perte d’acuité visuelle.

L’incidence est plus grande dans le cas des myopes, des opérés pour cataractes ou les cas qui ont eu un traumatisme récent.

Lorsqu’un décollement rétinien est suspecté, le patient doit consulter rapidement un ophtalmologiste. Il doit fermer les yeux afin d’éviter des mouvements oculaires malencontreux. Il est recommandé de tourner la tête du côté du champ visuel atteint (ex. champ temporal supérieur de l’œil droit atteint (tourner la tête à droite) ou encore de rester en position couchée jusqu’à consultation en ophtalmologie.

Le pronostic est très encourageant s’il y a dépistage et traitement précoce du décollement rétinien. L’acuité visuelle sera sauvegardée dans les cas où les régions centrales n’auront pas été atteintes. Il est recommandé d’éviter les exercices ou les mouvements violents ou encore un effet trop puissant afin de minimiser les possibilités d’un éventuel décollement rétinien.

Certaines complications postopératoires peuvent toutefois se produire.

Déficience visuelle d’origine corticale

La déficience visuelle d’origine corticale désigne l’absence ou l’altération des réponses visuelles alors que l’évaluation des réflexes pupillaires et des structures oculaire ne relève aucune anomalie significative. Cette condition s’explique par l’impossibilité du cerveau à décoder adéquatement les informations visuelles et déclencher les réponses visuelles appropriées.

On a longtemps cru que seuls les yeux étaient les organes de la vision. Cependant, les recherches menées dès le début du vingtième siècle ont précisé les mécanismes de la vision et démontré l’importance du cerveau dans l’analyse et la reconnaissance des images captées par l’œil.

La cause

Une étude américaine récente révèle que la déficience visuelle d’origine corticale est présente chez 13.3 % des enfants de moins de 3 ans ayant une acuité visuelle de 20/200 ou moins. Depuis 15 ans, la fréquence de ce diagnostic augmente, étant donnée l’amélioration du taux de survie des enfants dont le cerveau est gravement atteint. Une vérification de cette fréquence auprès de la clientèle de moins de 5 ans inscrite à l’Institut Nazareth et Louis-Braille traduit cette tendance à la hausse par une incidence de 17.6 %.

Parmi tous les sens, le sens de la vue possède une caractéristique qui peut certainement expliquer en partie la fréquence relative à la déficience visuelle d’origine corticale.  L’information étant captée à la partie la plus antérieure du cerveau et traitée à sa partie la plus postérieure (où se situe le cortex visuel), il est fort probable qu’une lésion survienne à un ou plusieurs endroits sur le long parcours des voies optiques.

Les principales causes de lésions cérébrales chez les enfants sont, par ordre d’importances :

  • asphyxie ou hypoxie (arrêt ou diminution de l’apport d’oxygène au cerveau) survenue avant ou peu après la naissance;
  • anomalie de développement du cerveau;
  • traumatisme crânien (hémorragies);
  • hydrocéphalie;
  • infections du système nerveux central (méningite ou encéphalite).

Les caractéristiques

Initialement, l’enfant a un comportement d’aveugle avec errance du regard et absence de contact visuel. Toutefois, grâce à la capacité de développement du système nerveux du nouveau-né ou du jeune enfant, les comportements visuels apparaissent graduellement, de telle sorte qu’une absence complète de vision est très rare. C’est pourquoi l’expression « déficience visuelle d’origine corticale » est préférée à « cécité corticale », s’inspirant de l’expression anglaise « cortical visual impairment ».

C’est un diagnostic difficile à poser qui doit considérer l’ensemble des éléments du comportement de l’enfant, de l’examen clinique et des examens complémentaires de la fonction cérébrale. Il est souvent associé à des désordres neurologiques tels la paralysie cérébrale et l’épilepsie et parfois, à des atteintes de l’œil telles l’atrophie ou l’hypoplasie des nerfs optiques.

L’étendue des lésions cérébrales variant beaucoup d’un enfant à l’autre, chacun présente donc des habiletés et besoins qui lui sont propres. Les recherches ont tout de même réussi à identifier un certain nombre de caractéristiques et comportements visuels généralement rencontrés chez ces enfants, permettant ainsi de détecter le plus tôt possible cette anomalie de la fonction visuelle.

Les caractéristiques visuelles :

  • La vision semble très variable, changeante de jour en jour et même de minute en minute. C’est la caractéristique la plus souvent observée, mais en même temps la moins bien comprise.
  • Les réactions visuelles sont meilleures si la cible bouge ou si l’enfant est en mouvement.
  • L’Intolérance à la lumière (photophobie) se retrouve chez 33 % de ces enfants. D’autres ont tendance à regarder constamment les lumières, même si parmi ceux-là, certains sont aussi photophobes.
  • La vision des couleurs est généralement préservée. Les couleurs les plus facilement perçues sont le rouge et le jaune.
  • Il leur est souvent difficile, voire impossible, de concevoir la notion d’espace, se traduisant par une pauvre perception des profondeurs. La coordination œil-main,  l’évaluation des distances, l’orientation et la détection des dénivellations du sol  sont par conséquent affectées.

Les comportements visuels :

  • Il y a altération de la perception figure-fond (ne peut dissocier l’objet du fond sur lequel il est présenté).
  • Deux images ou objets placés l’un près de l’autre sont confondus; c’est ce qu’on appelle l’effet « crowding »
  • L’enfant a tendance à se placer très près de ce qu’il veut voir. Se rapprocher de la cible lui permet de grossir l’image et éliminer toute l’information superflue entourant la cible, réduisant ainsi l’effet « crowding »
  • Il semble aveugle à certains moments, mais se déplace aisément sans trébucher sur les obstacles. Ceci s’expliquerait par la présence d’un système visuel secondaire reliant la rétine périphérique à une zone profonde du cerveau, permettant uniquement la perception du mouvement, sans analyse visuelle consciente de l’environnement.
  • Le contact avec l’environnement et l’attention visuelle peuvent facilement être perturbés par un excès de stimulation.
  • L’enfant utilise parfois sa vision périphérique pour regarder une cible, nous donnant l’impression qu’il ne la regarde pas.
  • Un des comportements les plus souvent rencontrés est la tendance à regarder à côté et légèrement plus bas que l’objet qu’il s’apprête à saisir, l’ayant d’abord repéré par un rapide coup d’œil.

Le pronostic

Environ 25 à 50 % des enfants atteints de déficience visuelle d’origine corticale démontrent une récupération visuelle, cette dernière pouvant s’échelonner sur plusieurs années (jusqu’à l’adolescence pour certains). La récupération est variable selon les cas et rarement complète, la vision demeurant fluctuante et certaines habiletés visuelles, absentes.

À cette récupération naturelle, il est recommandé d’associer certaines attitudes ou stratégies facilitant l’utilisation de la vision.

Stratégie d’intervention

Dans le guide « Stimuler la vision au quotidien » , les attitudes et activités suggérées concernant tout autant les enfants présentant une déficience visuelle d’origine corticale. Nous ajoutons toutefois les considérations suivantes, car elles ont un effet déterminant sur la performance visuelle de ces enfants.

  • Favoriser des périodes de stimulation courtes, mais fréquentes;
  • Présenter les activités sous forme de jeu, mais aussi de rituel, les rendant ainsi prévisibles et sécurisantes;
  • Réaliser les activités dans un environnement familier en utilisant des objets réels et significatifs;
  • Présenter les images ou objets à une courte distance, un à la fois, sur un fond neutre et contrastant;
  • Les images utilisées doivent être simples avec contours bien définis;
  • Préférer les jouets de couleur rouge ou jaune;
  • L’utilisation d’un autre sens tel l’audition ou le toucher peut aider à repérer l’objet présenté ou à maintenaient l’attention visuelle
  • Identifier la position la plus confortable, particulièrement chez les enfants atteints de paralysie cérébrale
  • Si nécessaire, aider l’enfant à maintenir sa tête relevée
  • Lorsqu’il y a intolérance à la lumière, identifier le niveau d’éclairage le plus confortable.

Une bonne interprétation des réactions de l’enfant permettra de choisir les meilleures stratégies, ajuster le niveau de difficulté des activités et comprendre que la fatigue, l’épilepsie, la médication ou les bruits environnants peuvent grandement altérer la qualité des réponses visuelles.

Danielle Lessard, optométriste

Sources :

  • Langley, B. (1998). Individualized, systematic assessment of visual effiency. Louisville, Ky : American Printing House
  • Mazeau, M. (1995). Deficits visuo-spatiaux et dyspraxies de l’enfant. Paris : Masson
  • Steendam, M. (1989). Cortical visual impairment in children. Burwood, Australia : Royal Blind Society of N.S.W.

Glaucome

Le glaucome est une maladie de l’oeil caractérisée par une augmentation de la tension intraoculaire causant des modifications au niveau du nerf optique ainsi qu’une atteinte du champ visuel.Il existe 2 types de glaucome :

Type 1 : Le glaucome primaire

  • Le glaucome chronique : ce glaucome peut survenir à n’importe quel âge. Son incidence augmente à partir de l’âge de 40 ans. Cette condition peut être héréditaire. Le sujet peut rester sans plainte de baisse visuelle pendant plusieurs mois.
  • Le glaucome congénital : ce glaucome peut se développer dès la naissance ou encore à n’importe quel moment dépassé l’âge de 2 ou 3 ans. L’enfant peut présenter une photophobie (gêné par la lumière), un blépharospasme (paupières fermées fortement ou une hyperlacrymation (pleurs). Cette condition peut être héréditaire de façon récessive.
  • Le glaucome aigu : ce glaucome peut survenir suite à un problème anatomique ou fonctionnel ne permettant pas une circulation normale de l’humeur aqueuse (liquide à l’intérieur de l’œil). L’humeur aqueuse n’étant pas évacuée assez rapidement crée une augmentation de pression intraoculaire. Les symptômes peuvent être : douleur aiguë à un œil, mal de tête localisé, embrouillement… L’incidence de ce glaucome est plus élevée chez les femmes et cette condition est héréditaire

Type : 2 : Le glaucome secondaire

  • Ce glaucome peut survenir suite à une maladie intraoculaire telle que : névrite, tumeur, traumatisme, hémorragie…

Traitement : La tension intraoculaire peut être diminuée à l’aide d’une médication appropriée  et/ou d’une intervention chirurgicale.

N.B. Il est noté que si seule la tension intraoculaire est élevée sans atteinte du nerf optique ou des champs visuels, nous parlerons alors d’hypertonie oculaire.

Nystagmus

Le nystagmus est un mouvement involontaire des deux yeux. Il peut accompagner différentes atteintes cérébrales, vestibulaires ou oculaires. Toutefois le nystagmus congénital (se présentant à la naissance) ne présente aucune autre atteinte apparente. La cause reste inconnue. Même si certaines familles démontrent cette condition sur plusieurs générations, nous ne pouvons pas conclure que ces cas sont héréditaires.

Ce nystagmus est constant dans toutes les positions de regard. Toutefois, son amplitude (importance du mouvement) peut être moindre dans une position, ce qui explique la tendance à adopter une position de tête de côté, inclinée ou encore vers le haut ou le vas. Dans cette position de tête, le mouvement oculaire est moindre de sorte que l’acuité visuelle est meilleure. Dans certains cas, une chirurgie au niveau des muscles extraoculaires sera tentée afin de diminuer le mouvement dans la position de regard primaire (droit devant) permettant ainsi une position de tête plus naturelle.

Étant donné le mouvement constant des deux yeux, il est impossible d’obtenir une image claire et nette, et ce, de façon constante. Toutefois, malgré une acuité visuelle réduite, nous constations que les sujets atteints de nystagmus sont très bien adaptés à leur condition et sont des  gens très fonctionnels sur le plan visuel.  La condition oculaire reste stable. Dans certains cas, les sujets bénéficieront d’aides visuelles afin d’améliorer leur rendement visuel. Si le nystagmus affecte la position de la tête et l’intégration sociale, il peut y avoir une chirurgie au niveau de muscles.

Myopie maligne

La myopie maligne a pour synonymes myopie forte, myopie dégénérative, myopie pathologique ou encore, myopie évolutive.

La prévalence de la myopie maligne atteint 1 % dans la population générale. C’est la cinquième cause de baisse d’acuité prononcée et la septième cause de cécité aux États-Unis chez les personnes de plus de 20 ans. Plus la myopie commence tôt et plus elle est forte, plus grande sera sa tendance à augmenter rapidement et régulièrement.

La myopie devient maligne lorsqu’il y a à la fois allongement excessif de l’œil, lui donnant une forme ovoïde, et amincissement considérable des trois membranes composant sa paroi, c’est-à-dire la sclère (membrane externe protectrice), la choroïde (membrane moyenne, riche en vaisseaux sanguins) et la rétine (membrane interne constituée des cônes et bâtonnets). Des anomalies, telles des tache pigmentée, hémorragie, déchirure, décollement, apparaissent alors au niveau de la rétine, surtout dans la région centrale (macula), mais aussi en périphérie.

Ces altérations de la rétine provoquent forcément une baisse de l’acuité visuelle et une perte au niveau du champ visuel, tant central que périphérique.

Les yeux atteins de myopie maligne ne présentent pas forcément des lésions dangereuses; en effet, les taches pigmentées sont plutôt sécurisantes, du fait qu’elles induisent une <<cicatrice>> des couches de la rétine capable de rester aux forces de soulèvement  provoquées par un décollement de rétine, si telle lésion survenant.

Il semble que les personnes présentant une myopie maligne passent par un premier cap dangereux, tôt dans la vie, c’est-à-dire entre 20 et 40 ans, avec risque majeur de décollement rétinien causé par le décollement postérieur du vitré (substance gélatineuse qui remplit la cavité de l’œil et maintient sa forme). S’ils passent ce cap, la myopie continue à évoluer par une augmentation du nombre de lésions de type pigmentaire, avec risque de décollement rétinien causé cette fois, par l’apparition d’un <<trou>> au niveau de la macula.

On ne peut malheureusement pas prévoir l’apparition des complications lors de l’examen initial d’un enfant présent une forte myopie. Les facteurs de risque sont :

  • les antécédents familiaux, c’est-à-dire l’hérédité;
  • la vitesse de progression de la myopie traduisant la sévérité du phénomène dégénératif;
  • l’importance de la myopie, c’est-à-dire une myopie nécessitant des verres correcteurs de plus de six dioptries.

Des examens fréquents sont donc recommandés afin de vérifier d’une part l’état de la rétine par un examen minutieux du fond de l’œil et , d’autre par, la valeur fonctionnelle de la rétine par la mesure, entre autres, de l’acuité visuelle et des camps visuels.

Des examens fréquents sont donc recommandés afin de vérifier d’une part l’était de la rétine par un examen minutieux du fond de l’œil et, d’autre part, la valeur fonctionnelle de la rétine par la mesure, entre autres, de l’acuité visuelle et des champs visuels.

En effet, une baisse d’acuité visuelle, malgré le port de verres correcteurs, donne l’alerte sur la présence éventuelle de lésions rétiniennes. Aussi, l’examen du champ visuel nous apporte des renseignements importants sur la valeur fonctionnelle de la rétine, notamment périphérique, et sur la gravité de la myopie. La détection précoce d’une déchirure évite le décollement complet de la rétine et ses conséquences désastreuses sur la vision.

La cause de la myopie maligne est encore mal connue; l’importance des facteurs héréditaires a pu être démontrée, mais le type hérédité demeure imprécis. Les progrès d’analyse des chromosomes permettront peut-être d’identifier le gène spécifique de certains types de myopie maligne; ceci permettait d’établir une surveillance plus stricte et un traitement préventif adapté.

Danielle Lessard, optométriste, INLB, Source : Mondon, Henri et Metge, Paul. (1994). La myopie forte. Paris : Masson.

Rétinopathie de la prématurité

La rétinopathie de la prématurité, aussi appelée fibroblaste rétrolentale., a été décrite pour la première fois au début des années 40 et ce n’est que dix ans plus tard où l’on a pu identifier le facteur responsable.

À cette époque, l’utilisation de l’incubateur était devenue pratique courante dans le traitement des prématurés, leur assurant ainsi un environnement riche en oxygène. Des études ont alors démontré l’existence d’une corrélation significative entre de fortes concentrations d’oxygène administrées en incubateur aux enfants prématurés et l’apparition des signes cliniques de la rétinopathie de la prématurité.

La probabilité que ces signes cliniques apparaissent dépend de la surface rétinienne non vascularisée à la naissance. En effet, les vaisseaux sanguins de la rétine commencent à se développer à partir du quatrième mois de grossesse et ne couvent la rétine dans sa totalité qu’à la fin de la grossesse. Par conséquent,  plus l’enfant naît prématurément , plus les vaisseaux rétiniens sont immatures. Après la naissance, leur développement se poursuit, mais, sous l’effet de l’oxygène administré en incubateur, ce développement peut devenir anormal. Il y a alors prolifération de nouveaux vaisseaux sanguins qui ont la particularité de se rupturer facilement, provoquant ainsi des hémorragies. Ces hémorragies se résorbent, mais laissent place à du tissu cicatriciel qui , ensuite, crée des tractions sur la rétine susceptible de provoquer un décollement.

Dans certains cas, il y peu d’hémorragies, laissant alors peu de séquelles au niveau de la vision; dans d’autres cas,  l’évolution se poursuit jusqu’au décollement partiel ou complet de la rétine avec pour conséquence une atteinte sévère de la fonction visuelle.

L’Incidence et la sévérité de la rétinopathie de la prématurité dépendent non seulement du nombre de semaines de gestion, mais aussi du poids de l’enfant à sa naissance. En effet, plus de 80 % des enfants dont le poids de naissance est inférieur à 1 kg développement une rétinopathie de la prématurité, ce pourcentage augmentant lorsque la suivie de l’enfant est menacée par diverses complications médicales.

Dans l’ensemble, une atteinte significative de la vision fonctionnelle survient chez 10.7 % des enfants présentant une rétinopathie de la prématurité. Des études ont aussi démontré un risque accru de myopie de strabisme et de nystagmus. Si les lésions rétiniennes ne sont pas associées à décollement immédiat de la rétine, il y a un risque élevé qu’un déchirement de la rétine se produise ultérieurement.

Quant au traitement, il a été démontré en 1988 que la cryothérapie (procédé visant à <<geler>> des zones de la rétine) prévient la prolifération des vaisseaux sanguins et peur réduire de moitié l’incidence des dommages rétiniens sévères. C’est pourquoi les yeux de tous les enfants à haut risque doivent être examinés dans les six semaines après la naissance. La progression de la vascularisation rétinienne doit être suivie de très près toutes les unes à deux semaines jusqu’à maturation es vaisseaux; le traitement de cryothérapie sera appliqué selon le stade d’évolution de la rétinopathie et selon l’étendue de la zone rétinienne affectée.

Les enfants porteurs de lésions cicatricielles doivent être suivis au moins une fois par an, compte tenu du risque élevé d’un décollement rétinien ultérieur, secondaire à une déchirure ou à un trou rétinien, et peuvent être traités efficacement s’ils sont dépistés à temps.

Après avoir connu une baisse drastique dans les années 60, l’incidence de la rétinopathie de la prématurité connaît une hausse depuis les années 80, ceci étant relié à l’amélioration du taux de suivie des prématurés de petit poids. La prévention complète de la rétinopathie de la prématurité n’est donc pas encore réalisée et des recherches se poursuivent dans le monde entier vérifiant entre autres l’utilisation préventive de la vitamine E et la restriction de la durée d’exposition du nouveau-né à la lumière.

Danielle Lessard, optométriste, Institut Nazareth et Louis-Braille

Sources : MC Pherson, Alice (1986). Retinopathy of prematurity : currents concepts and Controversis. Toront : B.C. Decker. / Manuel Merck de DIAGNOSTIC ET THÉRAPEUTIQUE. Paris : Éditions d’Après. (1994)

Rétinopathie pigmentaire

C’est une atteinte au niveau du fond de l’oeil qui se caractérise habituellement par une pigmentation qui s’étend sur toute la surface de la rétine. Cette condition peut être héréditaire de façon récessive, c’est-à-dire, que ce ne sera pas tous les enfants seront atteins de rétinite pigmentaire. Généralement, elle se manifeste au cours de la deuxième ou troisième décennie (entre 20 et 40 ans).

Elle peut être associée à un syndrome ou a une maladie (ex : syndrome d’Uscher-rétinite pigmentaire et surdité), ou être une rétinopathie pigmentaire sénile, ou encore être secondaire à une infection du fœtus, à une atteinte vasculaire, à un parasite, etc.

Les premiers symptômes se présenteront par une difficulté en vision de nuit, dès la brunante. Par la suite, le sujet se plaindra de perte de champs de vision puisqu’il se heurtera facilement sur les objets environnants. Il accusera une perte de vision progressive dont il est impossible de prévoir le rythme, et qui se dirigera lentement vers une cécité.

À la rétinite pigmentaire peuvent s’associer les signes suivants : atteinte maculaire, cataracte, glaucome, etc.

Aucun traitement n’a encore été considéré valide en ce qui a trait au freinage la progression de cette maladie.

Le sujet bénéficiera d’une aide à la mobilité (la canne blanche) au besoin, d’un filtre qui augmentera les contrastes dans certaines conditions d’éclairage, et dans certains cas, d’aides visuelles spéciales.